Charlotte MOREL, triathlète professionnelle longue distance et coach de triathlon via sa structure MyTribe, est aussi ambassadrice Openrunner pour la deuxième année consécutive. Pour nous, elle revient sur son confinement dans le Sud de la France, nous parle de l’après, et nous explique en quoi Openrunner est désormais un incontournable dans l’organisation de ses sorties.

Shooting photos : ©Damien Rosso | Droz Photo

 

OpenRunner : Tu as été confinée avec ton mari Fred Belaubre et une amie. Comment avez-vous vécu ces deux mois entre quatre murs ?

Charlotte Morel : Les deux mois de confinement sont passés très vite, et finalement je ne me suis pas du tout ennuyée. J’avais mon entraînement perso à poursuivre, même si on ne pouvait pas nager. En moyenne, 20h d’entraînement par semaine, en vélo sur home-trainer et en course à pied autour de mon domicile ou sur tapis. J’avais la chance d’être bien équipée ! Quand le confinement a commencé, on venait de rentrer de trois semaines de stage à Lanzarote. Au début on était contents de rentrer chez nous. Au bout de deux mois, le home-trainer c’était sympa mais j’avais bien envie de retrouver l’extérieur !

Ce qui nous a bien aidés aussi, c’est la mise en place d’actions de communication pour aider les autres triathlètes à mieux appréhender cette période particulière.

 

OR : Vous avez en effet usé de créativité pour vous adapter à la situation. Peux-tu revenir sur les actions que vous avez mises en place ?

C.M. : On a essayé d’être créatifs ! Nous avons organisé des lives de renforcement musculaire, avec de la PPG générale bas du corps, en dynamique et en isolation sur chaque jambe (pour prévenir les déséquilibres musculaires, cause récurrente de blessures). Nous avons aussi proposé de la PPG spécifique natation sur le haut du corps, avec des élastiques pour pallier ces deux mois sans nager.

Le jeudi soir était consacré à une séance live home-trainer en intensité, et le dimanche matin, séance longue allant de 3 à 4h.

On a également partagé des recettes saines, astuces étirements, etc.

Le dernier jour, nous avons organisé une compétition qui a réuni plus de 400 personnes ! Au programme, Alpe du Zwift sur home-trainer, suivi de 30 min de course à pied, avec un maximum de km à effectuer.

 

OR : Cela t’a-t-il aidé à rester motivée ?

C.M. : Oui ! Cela a contribué à se maintenir et à continuer à s’entraîner même sans objectif de course immédiat. C’était un beau moment de partage à travers les réseaux.

 

 

OR : Penses-tu garder quelques habitudes prises pendant cette période ?

C.M. : Dans une vie de triathlète professionnelle, on s’entraîne sur les trois disciplines à raison de 30 heures par semaine. Finalement, s’entraîner quotidiennement pendant le confinement n’a pas trop changé de d’habitude ! La différence avec aujourd’hui est juste qu’on a pu reprendre la natation en mer puis en piscine.

On a continué à faire une séance de PPG en live. On pense peut-être reprendre les séances de home-trainer en live cet hiver. Mais c’est sûr que cette période nous a donné des idées !

 

OR : Quelle a été la première chose que tu aies faite une fois le confinement levé ?

C.M. : Je suis allée courir bien plus loin que le petit tour autorisé pendant les deux mois, et sans attestation ! C’était vraiment le bonheur. Quand on aime la nature, c’est compliqué de tourner en rond autour de chez soi, on a l’impression d’être un oiseau en cage. Ensuite on a rapidement revu notre famille.

 

OR : On imagine que l’annulation des triathlons est encore plus frustrante que dans d’autres disciplines, puisque la conjugaison de chaque sport se fait en compétition. Comment gères-tu cette absence d’objectifs en ce début de saison ?

C.M. : C’est comme si deux hivers s’enchainaient. En général il n’y a pas de triathlons, sauf si on part très loin. Nous les européens, on a plutôt l’habitude de consacrer notre hiver à l’entraînement, avec juste quelques courses à pied pour valider des chronos sur 10 km, semi ou marathon.

Ce qui a été dur, c’est qu’on venait de passer cette période hivernale assez longue et on était prêts pour les premiers tris… Psychologiquement c’est difficile à accepter.

Il faut donc se donner des objectifs de progression sur une discipline, s’intéresser à ce qu’on fait à l’entraînement, valider des acquis, travailler en profondeur ses points forts/faibles.

Si ce que l’on aime c’est l’enchaînement des disciplines, on peut désormais le faire même si l’on n’accroche pas de dossard !

Beaucoup de courses sont quand même programmées sur la fin de saison donc ça permettra d’avoir suffisamment d’objectifs pour s’exprimer après tous ces mois d’entraînement. Une fois la demi-saison lancée, ce sera un peu oublié. La vie reprend son cours, avec une saison peut être plus normale l’année prochaine et sûrement des paliers de franchis. Ce confinement aura permis de passer des caps.

On le voit beaucoup sur les athlètes que l’on entraîne. Les personnes en télétravail avaient un gain de temps énorme sur les déplacements et ont pu s’entraîner plus, être moins fatiguées donc mieux récupérer. La progression a donc été plus importante qu’en période habituelle. Il faut retenir le bon côté des choses !

 

 

OR : As-tu des conseils pour rester motivé(e) ? 

C.M. : Se refixer des objectifs de fin de saison, à partir de septembre. Il faut aussi se donner des objectifs personnels de progression, pas forcément en lien avec la compétition. On peut éventuellement organiser des petites compétitions en interne avec quelques potes pour « s’arracher un peu » et faire un enchaînement de type triathlon dans l’été.

 

OR : As-tu l’intention d’accrocher quand même quelques dossards à l’automne ? Si oui lesquels ?  

C.M. : Oui ! Cela dépendra de la validation de l’Embrunman. Si l’épreuve a lieu, ce sera certainement la première. Après, je pense faire des courses dans la région Sud Est, autour de chez moi avec les France à Cagnes-sur-Mer, le half et l’Ironman de Nice, le 70.3 d’Aix-en-Provence, le Natureman ou le Ventouxman. Le problème est qu’il y a beaucoup de courses en même temps et ça dépendra donc de la forme et de la suite par rapport aux mesures prises par le gouvernement.

 

OR : Allez-vous maintenir les stages de triathlon avec MyTribe ?

C.M. : Oui ! Les associations peuvent reprendre l’entraînement en groupe en respectant les règles de distanciation. On reprendra donc les stages fin juin, avec quatre dates de fin juin à fin juillet. On fera également un stage longue distance en septembre sur Saint Raphaël.

 


OR : Peux-tu nous parler de ton utilisation d’Openrunner ? En quoi cet outil t’est utile ?

C.M. : J’utilise Openrunner depuis plus de deux ans. Ce qui est intéressant est que cela permet de tracer son parcours et de savoir avec précision la distance et le dénivelé en amont. Ce que j’utilise aussi beaucoup est la fonction recherche, pour trouver de nouveaux parcours, que ce soit en vélo sur des endroits que je connais moins, mais surtout en trail. Je l’utilise pour organiser les stages MyTribe, en vacances ou même pour découvrir des chemins autour de chez moi.

J’ai d’ailleurs tracé deux parcours pour mon entraînement du weekend dernier. Le samedi, j’ai réalisé une sortie de 120 km de vélo dans la région, avec 3 cols. Je connaissais vaguement ces cols mais tracer le parcours m’a permis de voir qu’il y avait un dénivelé de plus de 1800 m ! Le dimanche, je me suis essayée sur un parcours de trail inédit de 19 km. On est partis à l’aventure, mais grâce à la carte IGN sur Openrunner, on a pu trouver de nouveaux chemins. On a fait un tour magnifique, avec un point de vue sur toute la côte, à 360 degrés. C’est un endroit que je connais bien et pourtant je n’avais jamais emprunté ces sentiers car ils sont perdus dans la forêt. Grâce à Openrunner on a fait un nouveau tour !

C’est donc une application très pratique pour tracer des parcours et également pour les suivre sur le terrain.

Le deuxième point positif est que l’on peut partager ses parcours avec d’autres athlètes. On l’utilise donc sur nos stages, notamment en vélo. On les partage aux stagiaires pour qu’ils puissent voir ce qui les attend et qu’ils suivent ensuite la trace lors de la sortie.

OR : Peux-tu nous partager quelques-uns de tes itinéraires d’entraînement favoris en France ?  

C.M. : Je vous partage les itinéraires du weekend dernier !

  • Trail : #11435029 
  • Vélo : #11431438 

OR : Le mot de la fin ?

C.M. : Merci à Openrunner qui est un de mes partenaires fidèles depuis deux ans et avec qui je partage la même vision du sport : outdoor, aventure, découverte, nature. Je me retrouve totalement dans cette façon de pratiquer !