Fogo est une des îles de l’archipel Cap-verdien. Au sud, elle est réputée et reconnue pour son volcan très actif (2015 fut la dernière éruption). Il surplombe l’ile, la domine. C’est aussi le plus haut point du Cap-vert, et le seul endroit ou l’on y cultive la vigne. Bref, j’étais, depuis le début attiré par cette ambiance lunaire qui y règne.  Le point culminant d’une île, d’un pays, ou d’une région est toujours quelque chose que je case dans un coin de ma tête en préparant un voyage, ça en devient souvent une idée de sortie !

 

Il ne m’a pas fallu longtemps pour imaginer le projet. Quelques clics sur Openrunner et je comprends vite que la traversée de l’ile sera faisable en quelques heures. Ni une ni deux, j’ai tracé les 2 étapes, avec ses deux passages au sommet. Restait plus qu’a trouver un compagnon de route… Chose faite quelques jours après avec mon pote Julien, ingénieur chez Parrot. (drône)

Nous voilà donc embarqués sur une île inconnue, sur un parcours inconnu. Nous quittons nos régions respectives et nos températures négatives pour la chaleur du Cap-Vert. Et le choc est rude, en plein hiver… Des retrouvailles à Lisbonne, puis deux avions plus loin et quelques 7h de trajet, nous voila sur Sao Filipe, « capitale » de Fogo.

Quel bonheur de retrouver l’ambiance cap-verdienne, le « no stress » et sa cuisine locale !

Courte soirée, nous préparons nos deux sacs (Salomon Peak outdoor 20L) à la frontale (merci la coupure d’électricité !) avec entre autres un drone Anafi et ses trois batteries, un Lumix 100, deux Gopros & 2 batteries. De l’eau, quelques barres et un gros dodo après un joli couché de soleil.

 

Levé 7h (ne surtout pas bousculer un cap-verdien au réveil, conseil !!), un bon morceau de fromage de chèvre local (à gouter absolument) et nous voilà partis à travers Sao Filipe, déjà en train de chercher notre chemin dans la capitale !

Nous comprenons vite que le soleil et le vent seront les deux éléments les plus difficile à gérer aujourd’hui ! Ça souffle très très fort et surtout pleine face. Ça pimente la chose, j’aime ça!

Après une bonne première partie bien roulante, nous attaquons la montée vers la Caldeiras. Julien commence à accuser un peu le coup, je porte l’eau et le matos un peu lourd.

29Km, 4h30 et 2100m plus loin nous atteignons l’entrée dans le parc national de Fogo. Un espace lunaire, de la lave à perte de vue et d’impressionnantes falaises, vestige de l’effondrement du premier volcan qui culminait à plus de 4000m de haut, il y a quelques centaines d’années !

Julien commence à tirer à tirer la langue, mais pour un parisien en plein mois de janvier, c’est plutôt pas mal !

L’ancienne route devrait tirer tout droit jusqu’au village, on tente le coup. Mais elle a été recouverte de dizaines de mètres de lave par l’éruption de  2015. Impossible de tenir notre azimut ! Des m3 de lave à perte de vue, abrasive, instable….Pas le choix, il faut rejoindre la « nouvelle » route, un sentier longeant la falaise, nous faisant perdre quelques minutes et surtout pas mal d’énergie entre sable et croute volcanique.

Kilomètre 36 : je retrouve Julien sous un tas de rocher à l’ombre. Le bonhomme est en mauvais état !

Quelques kilomètres plus loin, nous atteignons le village de Fogo : Cha des caldeiras. Les adducteurs en moins pour Juju, nous découvrons la superbe pension « Chez Jose & Carole ». Un petit gite et des lodges construit en pierre de lave. Magnifique.

 

Nous avons parcouru 41km et le soleil est encore haut dans le ciel.Je me décide donc de monter au sommet du Pico do Fogo (11Km – 1300d+) avant la nuit.

 

Après une vingtaine de minute de pause, je repars ‘light’, plein vent, trace GPS sur la montre. Je me fais éclater par les rafales et le soleil qui se couche pile face à moi. Je me bas pour avancer, heureusement je trouve la trace dans les cendres assez facilement. 1h30 plus tard, j’atteins le sommet – Pico do Fofo 2829m, avec un couché du soleil qui commence à être vraiment sympa. Je reste ébahi devant le cratère. Cette nature si belle, si forte. La sensation est incroyable, seul au sommet. Les vapeurs de souffre continuent de s’échapper du grand cratère bien que le petit (Pequino Fogo, quelques mètres plus bas) ai pris la relève dans les éruptions.

Mais je ne traine pas, le vent est très fort et je veux rentrer avant la nuit. Une descente pleine balle dans les cendres et roches volcanique (et quelques chutes plus tard) , je rejoins chez José en une trentaine de minutes.

 

À temps pour l’apéro et découvrir nos camarades de pension. J’apprends que deux voisins Suisses sont venus « skier » le volcan. Une première, tout comme c’était la première fois qu’il voyait arriver des coureurs depuis Sao Filipe. La soirée fut animée par les plats fantastiques, les danses et anecdotes de la vie à Cha de Caldeiras de José. Un très bon moment de partage, sous un ciel en folie. Des étoiles et une voie lactée à couper le souffle. L’air est pur ici, aucun doute !

Le réveil est mis à 5h30. Je trouve le sommeil en une demi seconde après une première journée de 51km et 3500D+ !

 

JOUR 2 : Je me suis fait brûler par le soleil hier. Plier la jambe me brule la peau, galère… Je passe donc en mode full manche longue et light pour cette 2e journée ! Parfait en plein soleil !!

Nous attaquons l’ascension du volcan tous les deux en pleine nuit. J’ai du mal à me repérer, nous ne trouvons pas bien le chemin, c’est un peu galère et le vent est encore plus fort qu’hier soir. J’ai du mal à garder mon calme ce matin…  À jeun, les jambes lourdes et la tête pris dans les rafales, pas évident ce début de journée…

Nous mettons 2h pour atteindre le sommet, avec un superbe levé du jour à la clé.

 

Le vent souffle encore plus fort au sommet, nous marchons recroquevillés pour être stable, je me fais balayer plusieurs fois. Le passage de la via corda sous le chapeau est le passage technique du parcours. Avec les rafales qui nous bougent, cette corde est une aubaine !

A peine plus bas, dans un couloir de cendre, nous tentons de sortir le drone pour filmer la descente dans les cendres. Echec. Rafales à 105km.hr, l’Anafi s’est fait souffler sur le dos. Fin du bal pour notre drône… Grrrr !

Nous avalons la descente ainsi que notre petit dej chez José en un rien de temps. 3h à jeun pour se mettre en route, c’est plutôt cool. Les sacs refermés, une bise à Carole et les petits, nous repartons vers Mosteiros de l’autre côté de l’Île.

Etape chaude, mais « facile » 17km 2100D- et quelques mètres de D+… !

La lave est impressionnantes abondante sur cette partie de la Caldeiras. Il est  difficile de s’imaginer un tel amas de lave traverser toute l’île. La richesse du sol est incroyable et l’eau, bien qu’il ne pleuve jamais est bel et bien présente quelques mètres sous la lave. Incroyable. Ils y poussent des pommes, des grenades, des fleurs, de la vigne un peu partout… Que la nature est bien faite !

 

Nous finissons cette dernière étape dans les caféiers, et en forêt, un peu plus à l’ombre que les dernières heures. Les quadri en prennent un coup mais on voit se dessiner notre point de chute !

Ma cuisse est en sang, et une grosse boule se dessine sur mes ischios, le sang coulant en goute à goute…. Petit ‘flip’ … Je me suis pris, la pointe d’un Cisal, une plante qui ressemble à un Yuka avec une espèce de flèche pointue et extrêmement dure à son bout …. Une arme de guerre !! Finalement rien d’inquiétant, je garderai un hématome souvenir quelques jours 😊

 

22km, 1500d+ 3500d- pour cette deuxième journée.

 

Un petit verre, et, Les collectivos (ou « Aluger », transport collectifs permettant de se déplacer sur les îles du Cap-Vert) étant déjà tous partis, nous sautons dans un taxi pour revenir sur Sao Filipe avant la nuit, retrouver nos affaires restés dans notre premier hôtel. Pendant que Julien faisait ses dernières prises de vue, je tape un petit somm’ réparateur. Nous profitons d’une dernière belle soirée autour d’un poisson cap-verdien et d’une bouteille de vin…de Fogo ! Quel bonheur, si simple !

Ce fut une très belle traversée, de belles rencontres et un petit projet qui en appelle d’autres… d’ici la fin de l’année ?!

Nous volons ensemble vers Praia, capitale de l’archipel. La vue sur le volcan est fantastique, et nous sommes collés aux hublots pendant cette demi-heure de vol qui clôturera de la plus belle des manières cette aventure.

Une journée plus tard, j’ai rejoint Mindelo puis Santo-Antao, pour préparer le futur séjour Trail à la Casamacuja, qui fut tout aussi riche en émotions avec 12 stagiaires au top, pendant une semaine.

120km de régalade et des Km de d+ qui font du bien en plein février !!

Au passage, le prochain séjour Trail se déroulera du 02 au 09 Novembre 2019 à Santo-Antao.

Pour terminer, voici une petit vidéo qui résume le séjour de Thibaut et Julien !